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L'impossible n'est que le possible de l'avenir... Catégorie : Blog Journal intime Date de création :
04.05.2007 Dernière mise à jour :
14.02.2008
Wulfran et Eva furent chaleureusement accueillis par Pierre SINGER VON BÄNN, le père d’Eva, le numéro 4 et Hans SINGER VON BÄNN, le numéro 5, le grand-père de la petite Marion. Pierre avait la particularité des SINGER contrairement à Hans : la mèche blanche.
Wulfran se sentit immédiatement à l’aise avec ces deux hommes.
Une femme de chambre les dirigea vers leurs appartements, ils grimpèrent un immense escalier en marbre, en haut un couloir faisait toute la longueur de la façade, avec une aile droite et une aile gauche. Wulfran avait une chambre avec une suite aussi grande que son appartement. La pièce était richement meublée et agencée avec goût dans le style année 20, une salle de bain attenante manquait de modernité. Les chambres de Pierre et de Hans encadraient celle d’Eva qui était dans le même couloir mais sa chambre était plus petite.
Wulfran invita Pierre et Hans dans sa suite. Eva les retrouverait un peu plus tard. Le petit salon semblait agréable, un canapé en cuir et deux gros fauteuils meublaient la pièce ainsi que de beaux tableaux et un bar. Wulfran sortit trois verres en cristal et servit trois brandy sans glace. Les trois hommes commençaient à faire connaissance. Pierre parla beaucoup de Hans et Catherine, les parents de Wulfran, puis la conversation dériva sur les membres de la famille SINGER VON BÄNN et inévitablement sur l’affaire Amélia et l’héritage.
Lorsque Eva se présenta dans l’encadrement de la porte, Wulfran crut à une apparition, elle était magnifique dans sa robe de soirée. Un chignon artistique et des bouclettes entouraient son joli minois maquillé. - Messieurs, il est temps de vous préparez pour le dîner !
Les deux hommes prirent congé de Wulfran tout en félicitant Eva. - Ma chérie, que tu es belle, disait Pierre - Eva, vous êtes en beauté ! renchérit Hans
Eva papillonnait autour de Wulfran pour le presser. - Prenez votre douche, un drap de bain est à votre disposition sur la baignoire, vous avez également un peignoir. Ensuite un smoking est dans l’armoire, il doit être à votre taille. - Puis-je espérer que vous me frottiez le dos…
Un coussin vola dans la salle de bain - Eh puis quoi encore ! activez-vous nous allons être en retard.
La salle à manger était immense, une grande table avec une nappe blanche et des bougeoirs était dressée. Les convives attendaient bien sagement en parlant à voix basse. Lorsque Wulfran et Eva entrèrent bras dessus bras dessous, le brouhaha cessa un bref instant.
Wulfran fut présenté à toute l’assemblée, il avait une fâcheuse tendance à dédramatiser la situation. Il chuchota à l’oreille d’Eva.
- La partie de Cluedo vient de commencer, vous êtes Mademoiselle Rose et moi, le professeur Violet, j’aperçois le Colonel Moutarde et Madame Pervenche.
Eva lui donna un coup de coude dans les côtes.
- Wulfran avez-vous repéré le potentiel meurtrier ?
- Non ! mais je viens de découvrir le chandelier.
Après un dîner succulent, servis par une armada de soubrette en tablier blanc, tout ce petit monde aristocratique se retira dans ses appartements. Wulfran en profita pour féliciter les apprentis en cuisine et le Chef qui s’avéra être une dame corpulente aux joues rouges et grassouillettes. Wulfran serrait les mains des petits cuistots et tapait sur l’épaule des gens de maison. Il avait déjà négocié des croissants au petit déjeuner et un café noir, quand Eva passa la tête entre les portes battantes de la cuisine, rouge de confusion. - Mais vous êtes intenable, un vrai garnement, ici vous êtes dans le grand monde et on se tient bien ! - C’est mon côté Gavroche qui ressort, n’oubliez pas que mon arrière-grand-mère était parisienne ! Ce dîner était d’un ennui à faire pleurer les statues du parc. - Demain ce sera une journée difficile et nos hôtes sont à cran. Le notaire nousconvoque dans le grand salon à 10 heures et il procèdera à l’ouverture du testament. - J’espère que nous ne découvrirons pas un corps dans le bureau d’ici là !
- Wulfran, je ne vous ai pas encore parlé du numéro 10… - Hein ! mais c’est une grille de LOTO cet héritage.
Eva éclata de rire - Oui, et il y a le Jackpot au bout !
Et ils partirent tous deux dans une rigolade qui finit par un fou rire convulsif.
Au bout de quelques minutes, Eva reprit la première un ton sérieux.
- Les numéros 10 sont les membres de la famille du Comte de Hasse-Rothenberg, l’époux d’Amélia. Eux aussi ont droit à une part du gâteau, mais ils ne sont pas vraiment d’accord pour partager cette fortune considérable. En plus ils avaient déjà échafaudé des projets et organisé unevente d’objets d’art, de mobiliers et de plusieurs tableaux provenant dela propriété familiale, la fameuse « Villa Amélia » qui a été suspendue par décision de justice. La suite vous la connaissez.
La voiture s’arrêta devant une grille imposante, derrière, un parc immense avec des arbres maintenant bi-centenaires. Au fond d’une allée, Wulfran distinguait un manoir la « Villa Amélia ».
Eva parla dans un interphone, un gardien actionna les grandes portes et, la voiture entra dans la propriété. Wulfran avait l’impression d’entrer dans la gueule du loup.
Un majordome vint à leur rencontre et les invita a entrer. Wulfran le comparait à Edgar dans les Aristochats, cette image le fit sourire et il prit Eva par le bras en lui disant : - Allons-y ma chère Duchesse !
La route défilait à vive allure et ils arrivaient déjà dans l’agglomération bâloise. Celle-ci déborde sur les frontières franco-suisse et germano-suisse, puisqu’elle englobe notamment les ville de Saint-Louis et Huningue en Alsace et de Weil-am-Rhein et Lörrach du Bade-Wurtemberg. C’est l’angle des trois pays, dit en français Haut-Rhin.
Bâle constitue le dernier port du Rhin accessible aux navires de fort gabarit. En amont sont situées les chutes du Rhin de Schaffhouse, obstacle majeur à la navigation. La ville de Bâle est célèbre pour son Carnaval riche en couleur et porteur d’une tradition plus que centenaire qui emprunte autant aux armées napoléoniennes qu’au carnaval de Venise.
En regardant le paysage, Wulfran réfléchissait et un passage de la lettre de Nicklaus SINGER, son grand-père, lui revint à l’esprit : […Maintenant je dois te parler de la Seconde guerre…] [Le conflit devint irrémédiable lorsque Wielfried et Ans participèrent aux monstruosités que nous savons de nos jours. En 1938, des œuvres ont été volées par les nazis notamment des toiles de Gustav Klimt. D’autres seront comptabilisées dans lescollections officielles autrichiennes après la guerre…]
Wulfran se tourna machinalement vers Eva, il devait avoir une drôle de tête car Eva lui demanda si il allait bien. Il bafouilla un « oui ça va ! » arborant un sourire.
Tout se bousculait dans son esprit : le coffret, la clé d’un coffre bancaire, la photo sépia, la lettre, le cambriolage, l’héritage d’Amélia, Eva, et maintenant les œuvres de Gustav Klimt…
Les ours polaires n’ont plus leur place
L’océan arctique est dénué de glace
Les neiges éternelles ne sont que chimère
Des tremblements secouent la Terre
Seuls quelques points culminent
L’Himalaya et la Cordillère
La lave des volcans dégouline
Un unique océan a envahit les terres
Un raz de marée a balayé les continents
Aucun Dieu n’a pu sauver l’humanité
Reste dans cet hostile environnement
La flore et la faune qui se sont adaptées
Or un peuple sort de leurs tombes
Il détestait ces humains stupides
La cité engloutie, l’Atlantide
Renaît dans un nouveau monde.
- Oui, c’est l’unique héritière de la famille qui traîna l’Etat autrichien devant sa propre justice afin de faire valoir ses droits à la propriété sur ce trésor artistique. Après une quinzaine d’années de procédure, la justice trancha récemment en sa faveur.
- Ses œuvres ont connu une histoire mouvementée, elles étaient la propriété d’une famille juive d’Autriche, contraint à fuir l’invasion nazie en 1938. Maria Altmann confia les tableaux à la maison Christie’s en vue de les vendre. Gustav Klimt était un peintre reconnu et son œuvre maîtresse de cette époque était une série d’allégories peinte pour illustrer certaines matières de l’université de Vienne : la Philosophie, la Médecine et la Jurisprudence. Ces tableaux offusqueront la critique, mais le premier est couronné de la médaille d’or de l’exposition universelle de Paris de 1900. Ces trois œuvres ont été détruites par les nazis en 1945.
- Le 18 juin dernier, poursuivit Eva, la vente de « La Joconde d’Autriche » a eu lieu chez Christie’s, j’ai organisé en tant que stagiaire le déroulement de la vente. Le tableau a été adjugé pour 135 millions de dollar, c’est un record mondial. Il est maintenant exposé au musée new-yorkais Neue Galerie. Et donc je n’ai pu assister comme chaque année, à la plus importante foire annuelle d’art contemporain d’Europe, qui se tient mi-juin à Bâle, Art Basel.
La route défilait à vive allure et ils arrivaient déjà dans l’agglomération bâloise. Celle-ci déborde sur les frontières franco-suisse et germano-suisse, puisqu’elle englobe notamment les ville de Saint-Louis et Huningue en Alsace et de Weil-am-Rhein et Lörrach du Bade-Wurtemberg. C’est l’angle des trois pays, dit en français Haut-Rhin.
Bâle constitue le dernier port du Rhin accessible aux navires de fort gabarit. En amont sont situées les chutes du Rhin de Schaffhouse, obstacle majeur à la navigation. La ville de Bâle est célèbre pour son Carnaval riche en couleur et porteur d’une tradition plus que centenaire qui emprunte autant aux armées napoléoniennes qu’au carnaval de Venise.
En regardant le paysage, Wulfran réfléchissait et un passage de la lettre de Nicklaus SINGER, son grand-père, lui revint à l’esprit : […Maintenant je dois te parler de la Seconde guerre…] [Le conflit devint irrémédiable lorsque Wielfried et Ans participèrent aux monstruosités que noussavons de nos jours. En 1938, des œuvres ont été volées par les nazis notamment des toiles de Gustav Klimt. D’autres seront comptabilisées dans les collections officielles autrichiennes après la guerre…]
Wulfran se tourna machinalement vers Eva, il devait avoir une drôle de tête car Eva lui demanda si il allait bien. Il bafouilla un « oui ça va ! » arborant un sourire.
Tout se bousculait dans son esprit : le coffret, la clé d’un coffre bancaire, la photo sépia, la lettre, le cambriolage, l’héritage d’Amélia, Eva, et maintenant les œuvres de Gustav Klimt…
A Saint Louis, Wulfran et Eva, prirent une voiture de location déjà réservée au nom de Mademoiselle Eva SINGER VON BÄNN. Eva ou son père avait organisé le voyage de l’héritier numéro 9, de A à Z ; billets de RER, billets d’avion, location de véhicule, il manquait plus que l’hôtel, d’ailleurs où allaient-ils passer la nuit. Eva prit le volant et se dirigea vers l’autoroute en direction de la ville de Bâle.
- Bâle ! c’est notre destination ? Irons-nous à la « Villa Amélia » ? s’enquit Wulfran - Comment connaissez-vous ce nom !!!!
Eva resta interdite, Wulfran ne pouvait connaître l’existence de cette maison de famille.
A l’expression de son visage, Wulfran comprit qu’il avait marqué un point dans la case mystère et n’en dit pas plus.
- Vous m’avez dit que vous étiez étudiante en art contemporain ? Racontez-moi un peu, dit Wulfran pour changer de sujet - Vous rappelez-vous du procès Maria Altmann en 2004 ?
Wulfran se remémora cet événement exceptionnel. La Cour Suprême des Etats-Unis a permis à Maria Altmann, nièce d’Adele Bloch-Bauer, de poursuivre l’Autriche pour obtenir la restitution de six peintures de Klimt volées par les nazis en 1938. Gardés par l’Autriche après le guerre, puis comptabilisées dans les collections officielles, les peintures étaient visibles au palais du Belvédère de Vienne. Les cinq tableaux incluaient le célèbre Adele Bloch-Bauer I surnommée « La Joconde d’Autriche ».
- Hans, l’aîné, est de la branche directe d’Autriche, son descendant de « l’héritage des 9 » est Frantz SINGER VON BÄNN, beau jeune homme de 28 ans, le numéro 1. Ensuite la branche Autriche dérive vers le Liechtenstein d’où le numéro 2 est Albert SINGER VON BÄNN, celui-ci a une fille, Beth, elle a 29 ans.
- Les héritiers d’Amélia sont obligatoirement des hommes ? s’enquit Wulfran
- Oui ! et je crois qu’il y aura une clause dans le testament d’Amélia, la mèche blanche sera primordiale. C’est pour ça que le notaire convoque les « 9 », sans exception de représentation par un tiers ou un avocat.
Passons à Wulfran, le cadet ; branche qui émigre en Hongrie. C’est Pàl SINGER VON BÄNN, le vieux garçon de 45 ans qui est le numéro 3.
- Donc sans enfant !
- Ensuite Nicklaus, le benjamin ; branche Suisse. Amélia en était la descendante, et fait hériter les descendants de ses cousins, Maximilien et Anselme. Donc Pierre SINGER VON BÄNN, le numéro 4, mon père et Hans SINGER VON BÄNN, le numéro 5, sa fille unique Heidi est décédée en 2001 et il lui reste sa petite-fille de 16 ans, Marion.
- Reste Octav qui aurait émigré en Slovénie puis ses descendants sont en Italie. Le numéro 6 est donc Giovanni, né sous le régime de Mussolini, d’ailleurs son père Francesco est mort au front en 1945 lors de l’invasion de la Provence.
- A-t-il des enfants ce Giovanni ? car il doit avoir près de 70 ans ?
- Non, sans descendance mais héritier !
- Et non arrivons à la branche française, la mienne !
- Pas tout à fait française, le cinquième fils, Karl, émigre en Allemagne, une première branche reste en Allemagne et c’est Peter, le numéro 7, qui a une fille Ruth et une petite-fille, Erika. La deuxième branche est du Luxembourg Stephan, le numéro 8, veuf et sans enfant. Et la dernière branche est française et l’énergumène à mes côtés est le numéro 9.
L’hôtesse de l’air à ce moment annonça l’atterrissage sur Basel-Mulhouse-Freiburg. Pensif Wulfran attacha sa ceinture. Devait-il informer sa « co-équipière » de cousine de la lettre de Nicklaus et le cambriolage de son appartement ?
Il décida d’attendre encore, il ne savait pas ce qui l’attendait et les évènements qui allaient suivre allaient sûrement être mouvementés…