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L'impossible n'est que le possible de l'avenir... Catégorie : Blog Journal intime Date de création :
04.05.2007 Dernière mise à jour :
14.02.2008
A l’aéroport de Fort de France
Alix et Victor repartent en France
Ils attendent l’avion d’Air France
Pendant que Victor lit Ouest France
Le Punisher, une vieille romance
Alix parcoure une correspondance
Une lettre sortit des eaux, une chance !
Qu’elle revendique l’appartenance
« Chair et en os
Je vous écris cette lettre Pour vous soumettre De ne plus paraître Avec cette mauvaise tête
Vous êtes de chair et d’os Vous supportez un poids sur le dos ! Et alors, moi qui suis votre âme Je trimbale votre vague à l’âme
Faites contre mauvaise fortune, bon cœur Ayez la gentillesse de m’apporter Dans votre vie un peu de gaieté Un tant soit peu une existence de bonheur
Non, ce n’est pas un drame Voilà votre esprit se calme Ne pensez plus noir, mort, sang Mais amour et Prince Charmant
Je vous rappelle que je vous suis toute votre vie A votre mort "Chair et en os" vous deviendrez poussière Certaines âmes erreront soit en enfer ou au paradis Mais moi, mon vœu le plus cher
Le savez-vous ? Il suffit de regarder autour de vous C’est de devenir un « Être » à part entière Et de prêcher la Paix plutôt que la Guerre.
Dans la pénombre de la chambre, branchée Alix dort
Un souffle d’air apporté par l’alizé fait bouger le store
Assis dans le fauteuil somnole épuisé de chaleur, Victor
Une ligne défile sur un appareil gros comme un transistor
Soudain la ligne fait des sauts d’intensité et décolle
Des zigzags faisant des V et des courbes molles
Les aiguilles du monitoring cardiaque s’affolent
Le pouls et la tension artérielle dégringolent
Par un bip-bip strident Victor est réveillé
Sans comprendre il scrute le petit écran télé
Il appui sur la sonnette comme un forcené
Une infirmière nonchalante vient d’entrer
Tout s’accélère dans une cavalcade effrénée
Dans la salle d’examens Alix est transportée
Elle ne doit pas partir dans les limbes sacrés
Dans ces couloirs de la mort pour y voyager
Toute l’équipe médicale du bloc central s’affaire sur la patiente
Oxygène, perfusion, massage cardiaque, compter jusqu’à trente
Quelques infirmières internes, inexpérimentées se lamentent
Le médecin hurle « on la perd, non c’est bon elle est vivante ! »
Alix les yeux ouverts sur les murs blancs était réveillée
Les centres vitaux étaient intacts et prêts a être testés
Elle se sentait plutôt cotonneuse et les neurones embués
La bouche pâteuse, la nausée, comme si elle s’était soûlée
Un Victor rayonnant entra avec le petit déjeuner
Il lui raconta les détails de son accident de plongée
Et lui réserva le plus beau cadeau de cette fin d’été
Il lui glissa la chevalière en or à son doigt effilé.
Dans le hall la pendule affiche onze heures moins dix
A la buvette de l’hôpital, il fait un petit signe à Denise
Victor se dirige comme chaque jour vers la chambre six
Il supporte mal la chaleur moite qui se colle à sa chemise
Il est arrivé en catastrophe à l’aéroport de Fort de France
Sans frapper il entre dans la chambre où est alitée Alix
Les larmes aux yeux il caresse la joue de son amie d'enfance
L’accident a eu lieu voilà soixante cinq jours voire soixante dix
Inerte, Alix est dans le coma, elle fixe le plafond
Au dessus de son lit est accroché un crucifix
Au bout d'une heure de monologue avec l'esprit d'Alix
Il éteint la télévision qui ronronne un bruit de fond
Victor descend à la buvette pour y déjeuner
Denise, la serveusechantonne un air de biguine
Et s'arrête à chaque table où en créole elle baragouine
Avec des patients et leur famille buvant un café
Il sort d’un sachet une chevalière en or aux initiales J. S. A. et X
Les parchemins trempés dans un bain ont été passés aux rayons X
Un gamin de l’âge d’Elie parcoure les images d’un album d’Astérix
Il se fait la promesse de protéger l’enfant si meurt son ami Alix…
Alix entendait souvent la publicité du club Méd
Pour faire ses valises elle n’eut pas besoin d’aide
Deux semaines qu’elle faisait le lézard recto-verso
Qu’elle était tombée sous le charme d’un G.O.
Elle avait visité en long et en large la Martinique
Montagne, rivière et côte sauvage du nord atlantique
Les cascades, la forêt tropicale et la région volcanique
Ainsi que les sources chaudes et les sentiers botaniques
Le sud caraïbes offrait une grande variété de paysages
Des eaux turquoises et bercées par les cocotiers les plages
Et au large du François les merveilleux fonds blancs
Au sud-est de la pointe de l’île le rocher du Diamant
Sous le miroir de la surface s’épanouissent dans la clarté cristalline
Des jardins de coraux, un monde extraordinaire de fleurs marines
Un monde aux myriades de couleurs, végétaux, éponges, anémones
Minéraux, poissons, corail, étoiles de mer, poissons ange, gorgones
Alix plonge palmes aux pieds et sur le dos une bouteille
A la découverte de la faune variée, Alix s’émerveille
C’est un festival de formes et de couleurs insoupçonnées
Un nombre incalculable de poissons de toutes variétés
Le groupe de plongeurs explore une des épaves englouties
Un navire pirate, le Punisher, avait coulé entre des débris
De canons, l’ancre, la figure de proue, des pièces d’artilleries
Sans se rappeler les consignes, Alix s’aventure avec frénésie
Attirée par un point brillant elle descend dans les fonds
Une bouteille en verre qui ferait un bel objet de collection
A l’intérieur un rouleau de parchemin et un anneau rond
Elle ne distingue pas trop dans l’obscurité l’inscription
Elle ne s’est pas aperçue que le groupe était remonté
Elle était par cette découverte miraculeuse, fascinée
Soudain un fort courant la pousse et bloque son pied
Son butin glissé dans sa ceinture, l’air vient à manquer
Elle réalise de son inconscience et revient à la réalité
Elle lève la tête vers la surface et se débat paniquée
Elle sombre doucement vers un abîme pour l’éternité
Avant de voir une forme noire la saisir et l’emporter…
Note de l’auteur : ce texte est une conversation entre Alix et Victor. Ce style a été élaboré très subtilement par Chaos que je lui ait emprunté, et à qui j’ai une pensée particulière aujourd’hui, ce lundi 9 juillet 2007.
Le blues d'Alix
Alix ma grande pourquoi tu pleures ?
Raconte à ton ami Victor tes malheurs !
Que je sache Victor tu n’es pas docteur
Pour soigner les états d’âmes de mon cœur
Tu as le cafard et des pensées sombres
Tu as maigri, tu n’es plus qu’une ombre
Je pense à ma maman dans sa tombe
Je vais exploser comme une bombe
Ces derniers évènements t’ont stressés
Ça se comprend que tu sois fatiguée
Oui, j’ai besoin de repos je suis épuisée
Puis j’ai un point là, je me sens oppressée
C’est primordial tu dois faire ce deuil
Je vois bien que tu as la larme à l’œil
Je me revois encore devant son cercueil
Hier soir je relisais son livre de recueil
Eh puis il y a ton divorce avec ton mari
On peut dire qu’il ne t’a pas aidé celui-ci
Eh Victor, maintenant c’est mon ex-mari
Je te rappelle que j’ai divorcé depuis
C’est un petit coup de désespoir
Je te connais tu reprends vite espoir
J’ai une subite phobie avec les miroirs
Je les retourne pour ne plus me voir
Tu devrais prendre des vacances
Prendre l’avion, quitter la France
Le trésor a amélioré mes finances
Depuis la vente au musée, c’est Byzance !
Pars dans une île aux senteurs parfumées
D’orchidées et de petites criques ourlées
C’est une idée les Antilles, voir les cocotiers
Boire du ti-punch et bronzer sous les alizés…
Dans le jardin sous l’escalier de pierre, Alix remarque
Des lettres abîmées formant un mot ou une marque
En y regardant de plus près en relief une Rosace
Ses doigts déchiffrent une phrase incrustée, une trace
D’une litanie en prose, étrange cette sensation de déjà vu
Alix se souvient de ce rêve comme si c’était du vécu
Il y a deux ou trois ans déjà, il avait bloqué sur son passé
Lui parlant d’un trouvère obscur, seigneur et chevalier
Le Voyant avait raison Elle fut bien Jacquet d’Aiguières
A haute voix elle lit l’inscription gravée dans la pierre
CE EST LE ROMAN DE LA ROSE
OU L’ART D’AIMER EST TOUTE ENCLOSE
Voici pourquoi elle était aussi à l’aise dans ce lieu
Maintenant cette fatalité lui sautait aux yeux
Le Seigneur d’Aiguières lui envoyait-il un signe ?
Alix avait-elle découvert le sens de ses racines ?…
Alix entreprend la réfection de la cave voûtée
Pour y aménager un local pour la machine à laver
Son ami commence la démolition d’un mur empierré
Derrière une niche où se trouve une porte encastrée
La porte en chêne massif semble être fermée à clé
Campée sur ses deux pentures coudées rouillées
Son allure antique défie à quiconque de la fracasser
Sur les plans de la cave la cache n’est pas mentionnée
Cette découverte incongrue laisse les esprits troublés
Un parchemin secret ou un trésor peut y être caché ?
Les archives historiques qu’Alix décide de consulter
A l’Hôtel de Ville ne lui seront d’aucune utilité
L’ami Victor a son idée et Alix est déterminée
Les gonds et les ferrures seront désolidarisés
L’excitation est à son comble que vont-ils trouver ?
Enfin la porte est ouverte apparaît un coffret ouvragé
Il est en fer et des armoiries des Templiers y sont gravées
A l’intérieur se trouve un légendaire trésor bien gardé
Incrusté de pierres précieuses, un calice en or ciselé
Le trésor des Aiguières venait de leur être dévoilé.
Après les obsèques de sa mère et le passage
Obligatoire chez le notaire Alix reçue en héritage
La maison familiale à l’angle de la rue de l’Échevinage
Une jolie demeure classée datant du Moyen-Age
Restaurée et mise en valeur par les colombages
A pans en bois une maison de rue a plusieurs étages
Située au cœur du centre piétonnier historique
Tout près d’un marché coloré et authentique
Commerçante la rue des Bancs avec ses boutiques
Et Jélu ou les Remparts, des ruelles étroites typiques
Du beffroi de l’Horloge une vue panoramique
Sur la place du Pilori le café «La Dame de Pique»
Mesnac, charmant petit bourg médiéval
Qui organise et s’apprête à fêter son festival
Sous les Halles s’affère un employé municipal
Sur la place aux arcades est prévue un bal
Des animations de rue et un groupe musical
Ainsi qu’une reconstitution historique féodale.
Le téléphone sonna un peu avant midi
Alix attendait cet appel depuis mardi
Sa mère adoptive avait une leucémie
Elle luttait entre rayons et chimiothérapie
Finalement la plus forte était cette maladie
Le médecin lui annonça que c’était bientôt fini
Elle prit ses affaires, ses clés et du bureau sortit
Lui tenir la main, l’embrasser, la voir encore en vie
Tous ces gestes d’amour n’ont pas de prix
Le visage creusé et cireux sa mère lui sourit
Demandant où était Thomas son mari
Pour la préserver Alix ne lui avait rien dit
Elle ne pouvait se résigner à emmener Élie
Son bébé, son petit gars voir sa mamie
D’abord surpris il aurait tout compris
Sa grand-mère pour lui était au Paradis
La mort arrivait pas à pas, petit à petit
Le sérum cheminait dans ce corps à l’agonie
Elle ne souffrait plus, son visage se détendit
Paix à son âme, cet acte se nomme euthanasie.